© Pyxis Explo

Une exposition qui interroge les liens entre le son et la matière comme une exploration poétique et sensible des vibrations au contact du vivant.
Mercredi - Dimanche
13h-18h
Entrée libre
Vendredi 23 octobre dès 18h
Une fréquence électrique, le frottement d’une pierre, l’oscillation d’un objet ou les signaux d’un organisme vivant : tout ce qui nous entoure est traversé de vibrations.
Embodied Sounds : fréquences en résonance interroge les liens entre le son et la matière comme une exploration poétique et sensible, qui fait dialoguer deux dimensions de la résonance.
La première est celle de la transmission : une onde est émise, se propage, rencontre un corps et produit un effet. Elle porte un signal, une voix, un rythme ou un récit.
La seconde naît de la capacité de l’être à s’harmoniser : des éléments distincts vibrent ensemble, s’influencent et parfois s’accordent. La résonance ne raconte alors plus seulement une relation de cause à effet ; elle désigne un état partagé, une synchronisation provisoire entre des êtres, des objets et des milieux.
Les œuvres exposées invitent à percevoir, à ressentir et à se connecter au vivant. Un appel à vibrer ensemble dans un monde en constante transformation.
Chaque vendredi, prolongez votre visite et entrez en résonance avec les artistes à travers une performance sonore.

Claire Frachebourg | 2026 | CH
La fiction traverse et ouvre le réel. Les météorites perforent le tissu de notre esprit, transmettent leurs vibrations et rendent visible la connexion. Les débris des corps célestes, embryons d’étoiles, viennent diffuser la saveur, l’écho d’ailleurs.
Ce travail est la prolongation directe de la thèse Météorisons, qui raconte l’histoire d’un groupe d’êtres vivant sur une planète plongée dans l’obscurité et collectionnant des débris du ciel afin de continuer à rêver à l’existence des étoiles. Ces personnes se désignent entre elles comme les cryptogéologues et possèdent un savoir permettant d’entrer en résonance avec les pierres.
Les plateaux sur lesquels les météorites sont disposées ici sont des interfaces permettant d’entrer en contact avec elles.
Aimant © Gabriel Premand / Adaptation par Pyxis Explo

Cod.Act | 2024 | CH
The Ghoul a surgi en atelier, au détour d’une expérimentation. Pas une forme, mais une apparition : une vibration pure, un phénomène physique simple et saisissant, venu troubler nos recherches sur le son et le mouvement. Une résonance.
Dans cette œuvre, le groupe Cod.Act, composé de Michel et André Décosterd, invente une structure mouvante dont la résonance se trouve amplifiée par des pulsations sonores.
Suspendu à des élastiques, un tuyau en caoutchouc réagit à des impulsions hydrauliques et, au fur et à mesure que leur fréquence entre en résonance avec celle des élastiques, le mouvement s’amplifie de manière exponentielle et spectaculaire. Ce phénomène devient rapidement une danse de plus en plus ample, organique et vivante. Un simple tuyau, initialement inerte et fonctionnel, semble prendre vie.
The Goul © CodAct / Adaptation par Pyxis Explo

Daniel Maszkowicz | 2019 | CH
Mycorrhiza est une installation sonore interactive qui utilise son propre output comme input, produisant des effets imprévisibles, voire chaotiques, et donc organiques. La personne qui interagit avec cette installation fait elle-même partie du système, en tant que processus chaotique à part entière : elle pousse les algorithmes à agir, tout en étant elle-même influencée en retour par les résultats qu'ils produisent.
Cette œuvre illustre la symbiose entre l’arbre et le sporophore mycélien. Faite de chaînes métalliques et de câbles, sa structure est équipée d’un réseau neuronal qui réagit à ses mouvements et propage les ondes sonores sous forme de vibrations. Installation autonome avec laquelle on interagit par le toucher, elle vise à induire une nouvelle perception des signaux électriques chez les organismes biologiques vivants. À l’instar de n’importe quel arbre, Mycorrhiza offre un refuge réconfortant, bercé par le chant des insectes et le doux bruissement de la brise dans ses feuilles.
Mycorrhiza © DR / Adaptation par Pyxis Explo

Julie Semoroz | 2026 | CH
Depuis 600 millions d’années, les éponges marines ont survécu aux bouleversements de la planète, évoluant par une communication silencieuse et invisible. Première lignée d’animaux pluricellulaires, elles sont l’ancêtre commun de toute vie animale.
Aujourd’hui, Spongia vocālis naît : une espèce en mutation, tentant de se faire entendre à travers l’eau et l’air. Il ne s’agit pas simplement d’un chant, mais d’une affirmation politique de son existence et d’une déclaration de sa singularité. Chaque espèce possède sa propre voix, son chant unique, mais ensemble, elles s’organisent en un réseau vivant, communiquant en chœur pour que leurs histoires, étouffées par le bruit industriel, soient enfin entendues.
Spongia vocālis © Manuel Abella / Adaptation par Pyxis Explo

Salomé Guillemin | 2019 | CH
50 Hertz est composée d’un ensemble de néons et de céramiques amplifié par des effets. Le dispositif, entièrement analogique, s’appuie sur le buzz de la fréquence 50 Hz issue du courant électrique domestique : le rayonnement électromagnétique des néons produit des interférences sur le signal sonore logé dans les céramiques, et donne à entendre diverses modulations. Ce buzz parasite, qu’il est habituellement impératif de supprimer, définit ici une palette de fréquences et de timbre propre à l’électricité, et se déploie dans une composition plus sensorielle que musicale.
La performance et son dispositif s’inscrivent dans une pratique de la musique drone, un genre musical fait de successions de sons continus qui créent une expérience sensorielle incitant à l’introspection. La composition et les différentes nappes tenues sur la durée font apparaître des harmoniques, des interférences et des battements entre les fréquences. Elles contribuent à la réflexion sur l’étendue de l’écoute, sur le ressenti physique, ainsi que sur le son dans sa nudité et sa masse.
50Hertz ©Baptiste_Coulon / Adaptation par Pyxis Explo

André Décosterd (CH)
André Décosterd est un musicien et compositeur suisse né au Locle, membre fondateur du duo Cod.Act avec son frère Michel Décosterd. Formé d’abord à la facture d’orgue, puis diplômé de l’École de Jazz et de Musique Actuelle de Lausanne, il développe depuis la fin des années 1990 une pratique située à la croisée de la musique contemporaine, de l’électroacoustique et de la composition algorithmique. Son travail explore les liens entre son, mouvement, programmation et dispositifs mécaniques, dans des installations et performances où la musique émerge souvent de systèmes physiques ou cinétiques.
Michel Décosterd (CH)
Michel Décosterd est un artiste plasticien suisse né au Locle, membre fondateur du duo Cod.Act avec son frère André Décosterd. Diplômé en architecture à l’École d’ingénieurs de Bienne, il commence son parcours par la photographie avant de se consacrer à la création de dispositifs cinétiques, à la technologie des matériaux et à la mécanique. Ses recherches portent sur la machine, le mouvement et la transformation de phénomènes physiques en formes plastiques, sonores ou performatives.
Ensemble, André et Michel Décosterd fondent Cod.Act en 1997. Leur travail associe création sonore, sculpture cinétique, programmation et recherche sur les phénomènes physiques, dans des œuvres présentées dans de nombreux festivals, musées et centres d’art en Suisse et à l’international. Le duo a reçu plusieurs distinctions majeures, dont le Swiss Grand Award for Music en 2019, la Golden Nica à Ars Electronica, ainsi que plusieurs prix au Japan Media Arts Festival.
CodAct © Xavier Voirol / Adaptation par Pyxis Explo

Artiste pluridisciplinaire, baséx au Trétien, diplôméx en 2012 à TIP (école de performance à Freiburg im Breisgau) puis en 2026 au MAPS+S de l’EDHEA.
Sa recherche touche à l’imaginaire qu’engendrent les changements d’échelles physiques et temporelles. En se reliant aux failles, aux hiatus, aux espaces qui génèrent de nouvelles résonances, iel explore les potentiels de rencontres cachés et les voix imperceptibles qui nous entourent. Claire Frachebourg poursuit ses recherches dans le cadre de différentes résidences ; notamment au GRM (INA Paris, FR) au Palp Festival (Bruson), au QQM (Monthey) ou encore au Groenland avec l’association Marémotrice en 2023. Sa pratique navigue entre des installations sonores (festival Archipel de Genève 2022, Artgenève 2022, Biennale du son 2023, exposition collective) et des performances interactives de ses récits de rencontres (Les voix de la ville 2023, organisée par les Topophoniques à Lausanne, la création sonore live du spectacle SorcyèreXs du collectif A la Source au Spot en 2023, Manalis Lapis, une écoute en déambulation à Géronde en 2025, Attraction à la Biennale du son 2026). Lauréat du Kunst Am Bau des pyramides d’Euseigne, iel signe HIRs en septembre 2024, une œuvre qui serpente entre le val d’Hérens et d’Hérémence.
Claire travaille actuellement sur l’écoute des territoires de montagne et le magnétisme des pierres terrestres et extraterrestres. Ses travaux actuels cherchent la fusion de matériaux dans des récits sensibles et mythologiques en lien avec la géologie des lieux. Dans un nouveau Kunst Am Bau à Vétroz, iel souhaite cet automne insérer la fiction dans le réel à travers une strate qui entremêle géologie locale, poésie du cosmos et récit communautaire.
Claire Frachebourg © Pierre Daendliker / Adaptation par Pyxis Explo

Salômé Guillemin est artiste et designer basée à Genève. Sa pratique se déploie entre scénographie, fabrication d’instruments, performances et installations sonores. Au cœur de son travail se trouve une exploration de la musique drone comme forme sonore immersive et sensorielle. Le son, les ondes électromagnétiques et le corps entrent en dialogue, dessinant une écologie acoustique fondée sur une écoute profonde. Par cette attention portée au son dans sa matérialité, elle interroge nos manières d’habiter l’espace sonore et les dimensions politiques et perceptives du pouvoir exercé à travers le son.
Salomé Guillemin © Baptiste Coulon / Adaptation par Pyxis Explo

Daniel Maszkowicz est ingénieur chercheur en électronique de puissance et en arts sonores. Il conçoit des dispositifs manipulant signaux électriques et champs électromagnétiques, mobilisant instruments de laboratoire obsolètes et synthétiseurs virtuels. Intéréssé par les effets psychoacoustiques sur la conscience, il développe une algorithmique sonore pour diffusions et installations, dans une démarche ouvrant un espace d'expression tant au scientifique qu'à l'artiste.
Daniel Maszkowicz © Carole Alkabes / Adaptation par Pyxis Explo

Julie Semoroz est une artiste franco-suisse basée à Genève, reconnue pour sa capacité à fusionner l'art et la science à travers le son. Son travail explore les propriétés physiques du son et son interaction avec le corps humain et l'environnement, créant des installations et des performances immersives qui remettent en question nos perceptions de l'espace et du temps. S'inspirant de disciplines telles que la biologie, la neuroscience et la philosophie, elle examine des thèmes tels que la communication interespèces et la vocalisation émotionnelle. Elle collabore avec des artistes et des scientifiques sur des projets individuels et collectifs, qui ont été présentés à l'international. Elle a reçu de nombreuses bourses de recherches et a été nominée pour le Prix Russolo et les Swiss Art Awards et bénéficié d’un soutien du Fonds national Suisse scientifique pour son projet DOUZE MILLE VINGT en collaboration avec Didier Grandjean et le CISA, Chair des sciences affectives de l’université de Genève en 2021.
Julie Semoroz © Manuel Abella / Adaptation par Pyxis Explo

Fréquences nocturnes n°1
50 Hertz par Salômé Guillemin et ouverture prolongée de l'exposition Embodied Sounds : fréquences en résonance

Fréquences nocturnes n°2
Sieste sonore sous un arbre par Daniel Maszkowicz et ouverture prolongée de l'exposition Embodied Sounds : fréquences en résonance

Fréquences nocturnes n°3
50 Hertz par Salômé Guillemin et ouverture prolongée de l'exposition Embodied Sounds : fréquences en résonance

Fréquences nocturnes n°4
Phonosynthèse par Julie Semoroz et ouverture prolongée de l'exposition Embodied Sounds : fréquences en résonance