
Deux années de master en bande dessinée à Ceruleum, trois étudiants·es, trois projets.
→ Vernissage le vendredi 4.12 à 18h
Lundi-vendredi
9h-20h
Samedi-dimanche
10h-21h
Vendredi 4.12 à 18h
Entrée libre
1er étage
Tandis que leurs personnages évoluent sur le papier, Natacha, Thibaud et Catherine apprennent, essaient, se transforment. Des liens se tissent d’un récit à l’autre. Inspirées de leur vécu, les histoires qui naissent de cette aventure traduisent une préoccupation commune pour la santé mentale, l’introspection, le cheminement intérieur.
Un objet commun à ces trois récits se dégage : le lit ; lieu d’accident, de cauchemar ou de violence. Dans ces lits, des prises de conscience émergent comme des escarres se développent sournoisement, points de départ pour des quêtes intérieures sans retour en arrière possible.
Au fil de cette exposition qui retrace les parcours des étudiant·es, plongez entre les draps et dans les méandres de ces deux années de master faites de tests, de rêves, de doutes et de déclics.


Natacha de la Torre (2000, CH) est une artiste visuelle dont la pratique se développe autour du dessin et de la bande dessinée. Son travail se nourrit de ses rencontres, des histoires qui lui sont confiées et des paysages qui l’accompagnent. Elle s’intéresse à ces fragments de vie, parfois intimes ou silencieux, qui lui restent en mémoire et peuvent devenir le point de départ d’une image ou d’un récit.
Natacha a grandi entre le lac Léman, les montagnes et les vignes. Longtemps familiers, ces paysages ont pris un autre sens lorsqu’elle y est revenue après plusieurs années d’études à l’étranger. Elle a commencé à les regarder autrement, à observer ce qu’elle n’avait pas su voir auparavant. Cette redécouverte nourrit aujourd’hui son travail et sa manière de raconter, en laissant une place importante aux sensations, aux détails et à ce que les lieux peuvent faire naître en elle.
Le dessin occupe une place centrale dans sa vie. Au fil de ses recherches, le crayon bleu s’est imposé naturellement comme un outil privilégié. Elle aime sa simplicité et sa matière, mais aussi la liberté qu’il lui offre pour travailler les textures, la lumière, les contrastes et les blancs de la feuille. Le bleu peut évoquer le calme et le silence, mais aussi faire apparaître une tension ou une forme de distance.
Elle développe actuellement un roman graphique autour de la reconstruction et du besoin de ralentir. Le récit suit Alix, une jeune femme habituée à vivre dans la performance, jusqu’au jour où un événement vient interrompre le rythme qu’elle s’était imposé. Contrainte de s’arrêter, elle découvre peu à peu une autre façon d’habiter son quotidien, de regarder son corps, ses relations et ce qui l’entoure. Peu à peu, elle apprend à faire une place à ce qu’elle avait laissé de côté et à porter un autre regard sur sa manière de vivre.

Thibaud Mamin (1996, CH) est architecte et artiste visuel. Lorsqu’il n’est pas au bureau de l’agence ou dans une salle de classe, Thibaud rêve et dessine. En réalité, il rêve aussi au travail ; c’est même souvent là que les meilleurs voyages se déroulent.
Son rapport à l’art commence dans sa famille, où chacun pratique une forme d’expression : musique, écriture ou arts plastiques. Le dessin devient son compagnon de route. Plus tard, durant ses études d’architecture, Thibaud apprend la rigueur, la retenue et la précision. Pour l’architecte, la beauté n’est pas gratuite ; elle est le fruit d’une intense réflexion, cimentée par la logique. Mais le béton n’est pas éternel ; une fois les études terminées, le barrage cède et le torrent créatif, libéré de ses carcans, reprend vie.
Aujourd’hui, la production artistique de Thibaud explore le monde onirique. À travers ses rêves, les sentiments enfouis reprennent vie. Sans être effrayants, ils sont souvent noirs et étranges. Thibaud est pourtant aussi un utopiste, qui rêve d’un monde sans douleur ni regret. La tristesse des autres lui est insupportable ; elle est comme une glue, noire et collante. Alors, il souhaite, égoïstement, que chacun soit plus heureux pour ne plus se sentir coupable.
Le projet de bande dessinée proposé explore l’hyper-empathie et interroge la responsabilité du bonheur. Omniprésent dans le récit, le rêve devient une passerelle permettant à l’adulte de dialoguer avec ses souvenirs d’enfance. Cette confrontation soulève la question suivante : peut-on s’immiscer dans l’intimité d’autrui et réparer des blessures qui ne nous appartiennent pas ?

Cat (1994, CH) est une artiste visuelle et une écrivaine. Partant du monde de la peinture et du dessin, les images ont toujours été pour elle une manière de raconter, d’explorer et de donner forme à ce qu’elle avait en tête.
Au fil des années, son intérêt pour le dessin s’est naturellement mêlé à celui de la narration. Elle a écrit et illustré trois albums jeunesse, qu’elle a ensuite auto-édités, une expérience qui lui a permis d’explorer les différentes étapes de la création d’un livre, de l’écriture et du dessin jusqu’à sa fabrication.
C’est dans cette continuité qu’elle s’est tournée vers la bande dessinée. Pour son travail de master, elle a choisi d’aborder le vaginisme, un sujet intime qu’elle connaît pour l’avoir elle-même vécu. À travers la bande dessinée, elle cherche à mettre des mots et des images sur une expérience souvent difficile à expliquer, mais aussi à ouvrir un espace de dialogue autour de l’intimité et de la remise en question des injonctions concernant la vie sexuelle.
Son travail mêle ainsi récit personnel, dessin et peinture, avec l’envie de transformer une expérience individuelle en une histoire dans laquelle d’autres pourront peut-être se reconnaître.

Fondée, il y a plus de 40 ans en 1980, Ceruleum et ses programmes de formation s’adresse aux personnes décidées à faire de leur talent artistique un métier. Les enseignant·es sont des praticien·nes actif·ves, venant partager leurs techniques, leurs expériences et leur passion avec les étudiant·exs. L'école pense que le talent d'un étudiant·ex se révèle grâce à un enseignement de qualité, mais aussi par un investissement personnel important. La culture Ceruleum est synonyme d'une ambiance créatrice, afin que les longues heures passées au travail donnent le goût et l’envie du futur métier.
Conscients que ces années formatrices sont aussi des années de développement personnel, nous sommes très attentifs à l'évolution de chacun·ex afin que toutes et tous·x bénéficient du soutien et de l'encadrement nécessaires à leur épanouissement.